Petites histoires de l'art est un blog de critique d'art contemporain.
J'y partage mes points de vues sur les expos que je visite ou les livres que je lis.
Parler d’art de manière décomplexée sans trop de fioritures ni grandes envolées lyrico-critiques.
Parler d’art tout simplement parce que parfois c’est joli, parfois ça l’est moins mais cela reste toujours fascinant.
On en parle beaucoup depuis le début de la semaine... Google lance un nouveau service, après Google Art Project, voici le dernier-né art street view!
Une carte où sont géolocalisés les plus tags, graffitis et autres collages, parfaitement visibles grâce à google street view. Mais, ce n'est pas tout, la chasse au tag est collaborative, tout un chacun peut partager ses trouvailles et alimenter la street-art-phère! Car, pour l'instant, seuls 5 artistes sont représentés et bien évidemment, les plus connus.
L'iniative n'est certes pas inintéressante, mais en tout cas, elle n'est pas désintéressée! Red bull sponsorise l'opération... Sacré coup de pub!
Outil à double tranchant, fascinant dans un premier temps mais qui fait perdre de plus en plus de crédibilité au street art, plus du tout street mais de plus en plus chic.
On laisse de côté l'aspect éphémère, inattendu... Exit l'idée de communauté d'initiés et/ou d'amateur. Le street art flirte avec le marché de l'art et perd en authenticité... Dommage!
Ma dernière visite à l'espace culturel Vuitton fut un échec. Qui es-tu Peter? était, à mon sens, à la limite de la publicité mensongère. Le texte d'introduction nous promettait monts et merveilles, le passage d'un conte pour enfants à un syndrome psychologique. L'histoire de l'auteur de Peter Pan, James Matthew Barrie, m'était complètement inconnue. Enfant, il perd son frère aîné et tente, pour consoler sa mère, de ressembler à tout prix à ce frère disparu. Il refuse de grandir et garde une allure d'éternel adolescent à la sexualité un peu trouble. Le romancier évoque d'emblée un artiste fantasque et de renommée mondiale : Salvador Dali. Les similitudes biographiques sont bien là. Enfin, de Dali, nulle évocation à la Fondation Vuitton, mais un ensemble d'oeuvres, sans grand intérêt, sans grand lien avec le sujet dont, à vrai dire, je peine à me remémorer.
Malgré cette mauvaise expérience, j'ai repris l'avenue des Champs-Élysées et, quelque peu rassurée par le commissariat assuré par Paul Ardenne, j'ai visité la nouvelle exposition intitulée Ailleurs. L'expérience sensorielle installée dans l'ascenseur par Olafur Eliasson est lassante dès la troisième visite et finalement, ne met plus du tout en condition "pour appréhender l'espace culturel de la fondation Vuitton". L'exposition commence par un relativement long texte d'introduction, avec des auteurs de choix, Paul Ardenne pour le commissariat et Gilles A. Tiberghien, philosophe notamment spécialiste du paysage, pour la garantie intellectuelle.
Premier coup d'oeil circulaire, et cela ne commence pas au mieux. Il y a du texte partout! Pas de simple cartel explicatif, non, des pavés de contextualisation. Les longs cartels ont tendance à me mettre la puce à l'oreille (voir à ce sujet, le billet sur Rehab), un besoin de texte à tout prix cherche, à mon avis, à masquer des faiblesses, soit de cohérence, soit de choix d'oeuvres.
Les premières pièces confirment cette impression. Elles semblent calquées au thème de l'ailleurs, tellement adéquate qu'elles en perdent toute substance, surtout au sein de la scénographie "âge de glace" choisie pour illustrer (entre la multitude de texte et les oeuvres calques, cela commence à faire beaucoup d'illustrations pour finalement peu de contenu) l'exposition.
Vue générale de l'exposition Oeuvres de Lucy et Jorge Orta
Heureusement, quelques artistes sauvent l'ensemble et rien que pour eux, j'aurai tendance à recommander cette exposition.
Les premiers, Laurent Tixador et Abraham Poincheval, sont des artistes-aventuriers qui se lancent des défis, toujours un peu fou et un peu dérisoire, comme ici, dans "Horizon moins 20" où les deux artistes creusent pendant vingt jours un souterrain qu'ils rebouchent. Les objets crées durant leurs expériences sont les reliquats muséaux de leurs grandes aventures.
Et puis, il y a Marc Horowitz et sa devise "it's time to do something about something". "Something", malgré son apparence, est loin d'être n'importe quoi. Au contraire, avec ses actions loufoques dans tous les États-Unis, Marc Horowitz propose un art véritablement participatif, vecteur de messages d'optimisme et de solidarité mais surtout drôle, à en rire aux éclats au milieu de la Fondation Vuitton.