Le collectif? J'y vois une source d'inspiration intense, une ébullition intellectuelle, une complicité créative.
J'imagine que la Mobylette, collectif bordelais et toulousain, est de ce bord-ci; eux qui se définissent comme une plate-forme d’expérimentation regroupant des artistes aux activités variées (plasticiens, musiciens, performers, graphistes, écrivains, etc.).
Ils présentent en ce moment une exposition à Lieu Commun, centre d'art à Toulouse. L'espace est une friche, ancien garage (il me semble) réhabilité (ad minima) en centre d'art; en deux mots, ce genre de lieu avec une forte présence scénique et artistique qui donne un aura un peu "underground" à chaque exposition.
Colonial Jelly est réussie car elle interroge sa propre pratique, les raisons de son existence : le travail collectif d'une vingtaine d'artistes. Plus qu'interroger, l'exposition apporte la preuve de l'inhérente difficulté à travailler à plusieurs. Si l'exposition est à mon sens réussie, c'est qu'elle est inégale. L'ensemble fonctionne plutôt bien, les pièces examinées de plus près laissent entrevoir des failles, des malfaçons involontaires. Peu d'oeuvres supportent d'être réellement regardées et d'être individualisées.
Même les regards englobants apportent un éclairage différent selon l'angle de vue adopté.
Mise en abyme de sa propre condition de réalisation, on regrette néanmoins que l'exposition ne montre pas davantage la pluralité des artistes qui forment La Mobylette. Les oeuvres sont essentiellement plastiques, peu de sonore ou d'écrits. Mais la Colonial Jelly interroge suffisement notre oeil de spectateur pour que notre curiosité s'en trouve largement satisfaite.
Colonial Jelly
Jusqu'au 14 mai 2011
Lieu Commun
25 rue de l'Armagnac - 31500 TOULOUSE
The art of distraction, fine. art is power,
Rédigé par : tom | 04/05/2011 à 05:39
Ce que tu ne dis pas c'est que le thème de l'exposition est une bactérie (dont j'ai oublié le nom) et que la particularité d'une bactérie c'est de faire partie d'une colonie, d'être un maillon dans une chaîne, de se reproduire pour que l'ensemble se développe...
Un parallèle certain peut être fait avec la notion même de collectif.
Rédigé par : Romain Biard | 04/05/2011 à 14:57
C'est parce que je voulais laisser des surprises lors de la visite!
Le nom de la bactérie en question est le siphonore (pour en savoir plus, wikipédia est là : http://fr.wikipedia.org/wiki/Siphonophorae)
Rédigé par : Emma Crayssac | 04/05/2011 à 16:11
Ha... Désolé d'avoir cassé le suspens... :o)
Rédigé par : Romain Biard | 05/05/2011 à 12:02