Peut-être n'ai-je rien compris au propos, à la scénographie? Peut-être suis-je restée imperméable aux œuvres présentées? Pour autant, je suis sortie très remontée de l'exposition actuellement à la Fondation Cartier, Vaudou.
Une seule réflexion : affligeante blague... Les objets semblent disparaître derrière ce qui s'apparente à une vaste campagne de communication en faveur de l'ouverture d'esprit de la fondation Cartier. Si la présence écrasante de Jacques Kerrache est légitime, elle reste néanmoins relativement anecdotique. Qu'apprenons-nous de lui? Finalement, pas grand-chose, collectionneur et initiateur de la présentation des collections d'art premier au Louvre et au Musée du Quai Branly. Il est dit et répété que cette exposition est le fruit d'une collaboration entre J. Kerrache et la fondation Cartier, mais ce projet a été retardé par la mort de ce-dernier. Exposition en forme d'hommage 10 ans après la disparation de ce spécialiste en objets africains et plus particulièrement en statuaire vaudou.
Hommage à l'homme? Sans doute. Hommage aux objets, aux arts, à la culture vaudou? Assurément pas. Le constat est simple et sans appel, pour ma part, je n'ai rien compris, rien appris. L'ensemble est présenté sans aucun outil de médiation, sans aucune recontextualisation si ce n'est la scénographie d'Enzo Mari "fondée sur une simplicité empreinte de sobriété et d'élégance" qui prend totalement de court le visiteur. La première salle présente peu d'objet organisé en cercle avec derrière ce qui s'apparente au seuil d'une maison (ambiance chalet de bois ikéa plus que case africaine).
Certes, il y a un document de médiation systématiquement distribué à l'entrée de l'exposition. Généralement, c'est un livret, recueils de textes, d'interview autour de l'exposition et de sa conception, riche d'informations qu'on ne lit qu'après l'exposition (je lis rarement 10 pages de texte dans les salles d'exposition).
Je l'ai lu, j'ai compris mais je n'ai pas pour autant adhéré ni au propos ni à sa mise en exposition.
Cannibale, Vaudou, je n'accroche décidément pas avec les expositions un peu sensationnelles mais, finalement, vide de sens !
Vaudou
Fondation Cartier. 5 avril - 25 septembre 2011
261 bld Raspail. 75014 Paris
J'ai l'impression en voyant la mise en scène qu'on a encore donné carte blanche à un designer qui ne s'est plus senti...
Il a également créé une chaise en bois que l'on retrouve partout dans l'expo, qui fait tellement neuve, qu'elle rappelle effectivement plus Ikea ou un chalet quelconque que l'Afrique. Comble du mercantile, cette chaise est à vendre à la boutique pour la bagatelle de 200€ pièce.
C'est dommage parce qu'en soit, les oeuvres sont belles, esthétiques...
Rédigé par : Romain Biard | 18/07/2011 à 19:13