Contrairement au Breton, je ne suis pas une inconditionnelle de Boris Vian. Comme beaucoup, j'ai lu certains de ces romans, l'Écume des jours évidemment, l'Attrape-coeur, J'irai cracher sur vos tombes. J'avais seulement survolé son activité de chansonnier et de dénicheur de jazzmen.
J'avais donc tout à apprendre. Au niveau de la richesse et de la diversité des pièces et documents présentés, je n'ai pas été déçue. Manuscrits, lettres, films, extraits sonores, tout a été semble avoir été mis en oeuvre pour que le visiteur découvre chaque facette de Vian, tantôt par un manuscrit bluffant d'une écriture droite et sans rature, tantôt par la correspondance avec ses proches, notamment la lettre de Raymond Queneau qui explique avec maladresse le refus de Gallimard de publier l'"Herbe Rouge".
L'exposition fourmille de détails, on aimerait s'attarder devant chacun et se laisser imprégner par l'esprit de Vian, par son écriture, par la musique qu'il défend et qu'il chante.
Et c'est là que le bât blesse, l'incroyable travail de recherche de la commissaire Anne Mary et de Nicole Bertold est, à mon avis, totalement desservi, (j'irai même jusqu'à dire anéanti) par la scénographie. Alors, c'est vrai, c'était bondé comme peut l'être une exposition en fin de présentation un samedi après-midi à Paris. Néanmoins, le parcours est complexe et mal adapté à la circulation des visiteurs, ce qui est quand même dommage pour une exposition. L'idée était pourtant originale et pertinente : construire le parcours autour de la forme d'une fleur de nénuphar, en référence au plus célèbre roman de Boris Vian. La tige centrale symbolise les deux pivots essentiels à l'oeuvre de Vian : le jazz et le roman. Les autres modules évoquent les différentes périodes clés de sa vie, ses rencontres avec ses deux femmes notamment, ses chansons...
Je n'ai pas m'empêcher de m'attarder sur le côté un peu "bas de gamme" des éléments de la scénographie. Les cimaises en carton plume ondulent, bougent selon les déplacements des visiteurs et rendent la lecture difficile. Certaines présentent l'effilochage consécutif au découpage. Ce n'est peut être rien mais cela m'a quelque peu gâché la visite. Le pire restait à venir, dans la partie "Chanson", aucun dispositif d'écoute ne fonctionnait... Déception, je n'ai pu entendre aucun des chansons de Vian pendant l'exposition.
Cette exposition, malgré ses ratés, m'a redonné envie de me plonger dans l'univers de Vian. Je ne suis pas la seule apparemment, puisque Michel Gondry adapte au cinéma l'Écume des jours avec Audrey Tautou et Romain Duris dans le rôle de Chloé et Colin. À voir...
Alors là, je suis bluffé. Je n'avais absolument pas remarqué que l'agencement des espaces formaient un nénuphar ! Maintenant que tu le dis, c'est vrai que ca saute aux yeux... L'idée était effectivement originale.
Celà dit, poussons la comparaison jusqu'au bout. Le fait que cet agencement ait gâté ta visite de l'expo est un peu comme une métaphore de l' Ecume des jours, où le nénuphar symbolise le cancer, celui-ci étant le cancer de cette expo.
Rédigé par : Romain Biard | 10/01/2012 à 09:53