Si Cyprien Gaillard est en droit de revendiquer une démarche "d'archéologie de la modernité", on ne peut nier que le travail de Louidgi Beltrame colle parfaitement à cette terminologie.
À la galerie Jousse Entreprise, quelques unes de ses pièces sont présentées jusqu'au 3 mars 2012. Certaines appellent à un sentiment de déjà-vu, notamment la Mécanique des Roches, qui était visible au Plateau lors d'une exposition du cycle proposé par Guillaumes Désanges.
Louidgi Beltrame, Mécanique des Roches. Crédit Jousse Entreprise
Les deux films, présentés dans les salles du fond, ont particulièrement retenu mon attention. Ce sont les deux nouvelles oeuvres de Louidgi Beltrame, on ressent, d'ailleurs, une parenté dans le traitement de l'image et de la narration. On est totalement happé par les images, on observe, fasciné, ces ruines modernes riches. Le commentaire audio participe à cette impression "d'inquiètante étrangeté".
Pour Nakanoshima, le jardin au dessus de la mer, l'exploration de la petit île japonaise est rythmée par une voix (celle de l'artiste) qui décrit pas à pas sa découverte. On a le sentiment qu'on ne nous dit pas tout, qu'il a quelque chose de plus derrière ces images et cette histoire partiellement racontée par l'artiste.
Pour Cinelândia, le décor est la jungle de Tijuca, la plus grand forêt urbaine au monde puisqu'elle surplombe Rio de Janero. Dans cette jungle, Oscar Niemeyer y a construit la Casa Canoas, bijou de l'architecture moderniste.
Outre sa beauté plastique, cette vidéo offre de nombreuses pistes de réflexion, sur évidemment la ruine, mais plus que la ruine sur ce qu'on choisit ou non de conserver. Cela pose une question intéressante et presque universelle sur ce qui fait patrimoine. La maison abandonnée devient support de projection, au sens propre comme au figuré. La Casa de Canoas devient le kaléodoscope de multiples fictions, mythologies du lieu et de son environnement.
Une voix, cette fois-ci féminine, raconte inlassablement des histoires, plusieurs histoire dont le fil est la lecture d'un script non-réalisé d'Antonioni. Une vision prismatique de la ruine se condense dans ce film, mêlant cinéma, architecture, urbanisme et environnement.
On regarde notre histoire avec les yeux d'un enfant émerveillé de la richesse de son environnement et la clairvoyance grave d'un adulte conscient de l'éphémère existence de cet environnement.
Louidgi Beltrame
Cinelândia
Jusqu'au 3 mars, Galerie Jousse Entreprise
6 rue Saint-Claude, 75003 Paris
Aux visiteurs de ce blog: INVITATIONexposition-e9ve8nement”ART ET SCIENCE”BOGUE 2″Atelier Z-centre creluutl Christiane PEUGEOT62, avenue de la grande arme9e paris 17 e8metous les jours dec 14h e0 19h 3001 45 74 32 53VERNISSAGE: 26 avrilCONFERENCE 2 maiTABLE RONDE 3 maie0 19h 30avec Jeanne Ayache(cnrs), Emmanuel Krouk, Denise Krouk,Xavier Maeetre(cnrs), Brigitte Deruy, cyril Vachez, Frane7ois Lefe8vre, Patricyan, Christiane Peugeot
Rédigé par : Julie | 10/05/2012 à 02:26