Petites histoires de l'art est un blog de critique d'art contemporain.
J'y partage mes points de vues sur les expos que je visite ou les livres que je lis.
Parler d’art de manière décomplexée sans trop de fioritures ni grandes envolées lyrico-critiques.
Parler d’art tout simplement parce que parfois c’est joli, parfois ça l’est moins mais cela reste toujours fascinant.
Le Museum national d'Histoire Naturelle offre une belle (re)découverte avec la rétrospective de Jean Painlevé.
On imagine un scientifique un peu poète, doucement rêveur; L'incarnation du connaisseur, d'un homme de sciences, de musique et d'avant-garde. Ces films destinés à la vulgarisation scientifique sont empreints d'absurde et de poésie, ce qui valut à Painlevé de lier connaissance avec André Breton et Antonin Artaud.
Il ne reste que demain soir pour découvrir les films de Painlevé à l'auditorium de la Grande Galerie de l'Évolution.
Le street art a depuis quelques années ses entrées aux musées et dans les galeries, et depuis peu au cinéma. Deux mois, décembre 2010/janvier 2011, deux films : Faites le mur ! de Bansky, Women are heroes de JR.
Faites le mur! est un objet cinématographique mal identifié. Documentaire sur le street art? Biopic d'un français dégénéré "ayant réussi aux États-Uni"? Nouveau pied de nez de Bansky? Il y a un peu tout cela dans ce film.
Documentaire sur le street art? Oui, car la première partie de film montre réellement la naissance d'un mouvement entre Paris avec Space Invader et Los Angeles avec Shepard Fairey. On y voit des images (d'archives?) de Swoon, de ZeUs et autres artistes en plein action. Certes, c'est une histoire lacunaire du street art, on peut contaster des manques et peut-être une certaine partialité dans les choix d'artistes filmés. En plus de ce côté historique, le film se double d'une critique ironique et mordante de la vogue street art qui a largement débordé des murs des grandes métropoles. Le personnage principal de ce film n'est pas Bansky, c'est Thierry Guetta, français installé à Los Angeles. Caricature d'un has-been mégalo (la moustache, l'accent, tout y passe!), Thierry Guetta devient au fil du film le vidéaste officiel des street artistes jusqu'à en devenir un lui-même sous le blase de Mr Brainwash.
Thierry Guetta/ Mr. Brainwash, qui est-il? Personnage hybride, mi réel-mi fictif. Les actions décrites dans le film ont bel et bien existé et un certain Mr Brainwash est présent dans le milieu du street art depuis une petite dizaine d'années. Néanmoins, on peut considérer Thierry Guetta comme un avatar d'un street artist, et peut-être de Bansky lui-même. Guetta, en verlan, c'est Tag et le rapport qu'il entretient au début du film avec son médium, la vidéo, a tout de la conception du street artiste. Guetta filme mais ne revisionne jamais ses cassettes car il lui importe peu de voir et de pérenniser son œuvre, l'important est qu'elle ait existé. Cette jolie conception glisse au fur et à mesure vers une mégalomanie grandissante. Il devient street artist, mais un grand, un géant mais qui passe totalement à côté de la rue pour rentrer directement dans le star-system artistique, exposition, galerie et dollars.
Dérision du monde de l'art et interrogation de la valeur artistique du street art quand précisément il sort de la rue.