Ce week-end et le suivant, Le Peuple qui manque, structure curatoriale et de diffusion de films, propose des séries de rencontres autour des thèmes ART/FILM/POLITIQUE.
Effectivement, «Que faire?» est une question majeure aujourd'hui.
Comment faire ? pourrait être la suite logique à « Que faire » ?
Comment faire pour montrer les relations entre art et politique sans simplifier ni complexifier à l’extrême. Y-a-t-il meilleur medium que la vidéo/film pour rendre visible cette relation ? On a souvent tendance à opposer la parole à l’image, la voix a l’autorité, l’image est le divertissement. Pour autant, le film fusionne ce clivage et est le medium essentiel – avec la photographie – à la repolitisation de l’art.
Qui fait ? Le monde de l’art est forcément un travail d’équipe.
On n’imagine pas faire un film sans directeur de la photographie, pas plus qu’il n’est possible de faire une exposition sans régisseur. L’acte artistique est soumis à une forme de régime de co-dépendance. Le sujet art et politique se prête tout à fait à cette notion de co-dépendance. Est-il possible de créer un débat sans théoricien ? Mais les théoriciens sont plus dans l’acte de comprendre que dans celui du faire, les artistes/cinéastes sont donc indispensables. Pour partager ces débats, ces questions, il est nécessaire que quelqu’un se charge de la présentation, de la diffusion, généralement un commissaire et/ou un critique.
Pour quoi faire ? La réponse semble une évidence.
Pour quoi monter de tels projets ? pour quoi s’investir ? La question ne devrait même pas se poser. Il y a néanmoins une notion à soulever, celle du public, le dernier maillon en quelque sorte de la chaine artistique. Le politique concerne tout le monde. Comme lire, décrypter les images, cela s’apprend. L’œil s’éduque par des manifestations telles qui est organisée par le collectif Le Peuple que Manque.
Pour répondre à toutes ces questions de nombreux , positions, parti-pri, intervenants sont nécessaires. L'un d'entre eux, Rasheen Araeen, a particulièrement retenu mon attention par sa sagesse et sa finesse.
Rasheed Araeen est artiste et concepteur de la revue Third Text. Créée en 1987, cette revue internationale a toujours eu pour ambition de rendre compte de perspectives critiques sur l’art et la culture visuelle, dans le contexte de la globalisation culturelle. Analysant le champ théorique et historique par lequel l’Occident légitime sa place prépondérante dans le jugement des œuvres, la revue a offert jusqu’ici un forum critique pour la discussion et l’estimation du travail d’artistes jusque là, négligés ou marginalisés.
En 1987, parler du phénomène de globalisation culturelle était éminement pointu et avant-gardiste. En 2010, on pourrait croire que l'effet est un peu passé de mode. Rasheen Araeen prouve qu'il en ait rien, à l'exemple de cet extrait concernant la culture asiatique en 2008.
Son intervention était brillante, pleine d'esprit, soulevant un vrai débat sur les questions d'altérité. Je veux aussi que possible me procurer son dernier ouvrage, Art Beyond Art: Ecoaesthetics: A Manifesto for the 21st Century, évidemment en rupture de stock à la librairie de Beaubourg après l'intervention de dimanche après-midi.
La suite de la programmation s'annonce à la hauteur du premier week-end, notamment avec une intervention de Tania Bruguera samedi au Centre Georges Pompidou.