Manuel, on pense à un prénom à consonance espagnole. Dans nos têtes, il résonne avec l'accent. Rapidement, on imagine aussi des bacs de classes, un instituteur et notre manuel de français. Et si, cela désignait quelqu'un de pratique, d'habile de ses 10 doigts?
Manuel, c'est rien de tout ça. C'est une publication, un très bel objet papier avec des participations d'artiste et des textes en dialogue.
On ne s'ennuie pas en feuilletant Manuel, au contraire, on s'émerveille, on s'interroge, on examine et surtout on veut en savoir plus : qui se cache derrière Manuel?
Eric Pougeau, "Mes Chéris"
Genèse de la publication de Manuel.
Qui se cache derrière ce projet? Comment le projet est né? Tours et détours de sa création?
Manuel est un projet éditorial de fanzine collaboratif, à l’initiative d’Io Burgard en dernière année aux arts-décoratifs de Strasbourg et aux beaux-arts de Paris, Chloé Curci - en dernière année aux arts-décoratifs de Paris - et Hélène Garcia en dernière année aux beaux-arts de Paris.
La pratique éditoriale tient une place importante dans nos démarches plastiques respectives, Manuel est une envie commune de traiter la forme papier.
Toutes trois en fin de cursus, Manuel nait aussi dans une sorte d'urgence.
Nous souhaitons développer une démarche collaborative impliquant des acteurs et des lieux multiples. La ville de Paris, sera le point de départ du fanzine, y vivant toutes trois actuellement.
Prenant un parti de non-sédentarisation, nous proposons un « jumelage créatif» pour le numéro 0, dont le lancement se fera mi-janvier 2012, avec la ville de Bruxelles, dont nous admirons la scène artistique.
Dans le futur, nous voulons mettre en lumière de « nouveaux duos » créatifs. Nous préparons actuellement le numéro 1, qui établirait une correspondance entre une nouvelle ville française et étrangère, et pour cela sommes parties à la rencontre de différentes scènes artistiques comme celle de Lausanne en Suisse, de Lyon, de Leipzig en Allemagne et de Strasbourg.
Dans l’espoir de générer, par une dynamique participative, une aventure pérenne.
La diffusion.
Les lancements se font à Paris et à Bruxelles. A Paris, le lieu choisi était une galerie de design? Pourquoi? Pour souligner, la valeur "objet" de Manuel?
La galerie Art Social Designer, chez qui nous avons fait le premier lancement, est une galerie de design qui soutient également des projets éditoriaux. Nous avons rencontré ses fondateurs lors de l'ouverture du corner bookshop d'un ami.
Manuel est un fanzine, ce qui sous entend une production artisanale, "manuelle", de la même manière que les pièces sélectionnées par ASD sont issues de production majoritairement artisanales.
Par ailleurs c'est une galerie montée par des personnes de notre âge, c'était intéressant de collaborer avec une scène émergente, tout comme l'est manuel.
Le lancement à Bruxelles.
Le numéro 0 étant une collaboration Franco-Belge, nous souhaitions donc également faire un lancement à Bruxelles.
Nous avons contacté la galerie Abilene, qui a accepté le partenariat.
Ensemble nous avons décidé de créer un événement spécifique pour la galerie, nous avons sélectionné 7 de nos participants, pour leur proposer une résidence et une exposition au sein de la galerie, reprenant le thème de La Mort de L'Icône.
Faalgot, est le titre de cette exposition collective produite pour le lancement de Manuel en Belgique.
Le vernissage a lieu le 27 janvier et l'exposition sera visible jusqu'au 4 février.
Performance et lancement du Numéro 0 à la galerie Abilène, Bruxelles
© Thomas Guestault
Quels moyens de diffusion envisagez-vous pour la suite ?
Pour le moment Manuel est disponible chez des libraires et galeries spécialisés en France et en Belgique, bientôt en Suisse, et en Angleterre.
Manuel est également disponible sur commande via notre site web.
La Mort de l'Icône
Pourquoi avoir choisi comme premier sujet la mort de l'icône? Vous traitez le sujet avec le pluralisme de sens qu'on lui accorde.
Quand vous proclamez la mort de l'icône, à quoi, ou à qui, faites-vous référence?
Nous voulions un titre pluriel. La mort de l'icône se prêtait à cette envie, sujet vaste et générationnel, aux ouvertures multiples.
La proclamation de la mort de l'icône, dans le sens ta question, serait celle de la perte du caractère unique de l'image.
En tenant compte des nouveaux moyens de communication dont nous disposons nous sommes tous faiseurs d'images et cette production/diffusion exponentielle annule la hiérarchie qu'on pourrait leur accorder.
Questionnant le principe d'image suprême, la mort de l'icône pourrait être le sous-titre de l'iconoclasme, ou un déclin de la représentation.
La mort de l'icône peut faire référence à la mutation de l'image, à une perte de caractère d'évidence, de croyance.
Il y a un aspect cynique aussi dans ce sujet, une dérision du titre de presse à scandale, c'est un premier numéro, il s'agit d'être accrocheur..
En regard de ce qui a été proposé, l'issue semble presque contradictoire, quand, au lieu de la mort de l'icône, subsiste la compulsion de l'image.
Cécile Di Giovanni, Disneyland VS Lourdes
La suite
Que pouvez-vous nous dire du prochain Manuel?
Manuel compte se muer, pour le numéro suivant qui prendra la forme d'un hors-série "ÉTÉ".
Nous souhaiterions que nos participants traitent l'édition avec l'objectif d'en faire un MANUEL vacances, en détournant le principe du livre de jeux.
Nous souhaiterions collaborer avec l'école d'art de la Villa Arson, la friche de Marseille et le festival Baleapop à Guetary, et intégrer d'avantage de partenaires localisés dans le sud de la France.
Manuel est non seulement un projet éditorial, c'est un projet de plate-forme créative aussi nous souhaitons tant que possible qu'il donne lieu à des workshops, expositions, des rencontres de créateurs ou amateurs, aussi éclectiques soient les échanges.
Chaque numéro se nourrit de la matière des lieux où il se produira, favorisant une émulation artistique autant que possible.
Il ne reste qu'une chose à faire : Trouver un Manuel et le lire, le regarder, le toucher!
http://www.manuelpublication.com/
Merci à Hélène, Chloé et Io pour avoir pris le temps de répondre à mes questions en plein lancement du numéro 0. On attend la suite avec impatience!